Le DCA (dollar cost averaging) consiste à investir un montant fixe à intervalles réguliers, quel que soit le niveau des marchés. Il lisse le prix d'achat et évite de tout investir au pire moment. Les études de Vanguard montrent pourtant qu'investir un capital en une fois a fait mieux environ deux fois sur trois, parce que les marchés montent plus souvent qu'ils ne baissent. Le DCA reste la bonne méthode pour épargner chaque mois sur ses revenus, et un compromis utile pour un capital quand la crainte d'une baisse ferait renoncer à investir. En France, il se met en place par versements programmés en assurance vie, PEA, PER ou SCPI.
Faut-il investir son épargne d'un coup, ou petit à petit ? Le DCA, pour dollar cost averaging, répond : un montant fixe, à dates fixes, sans chercher le bon moment. Voici ce qu'il apporte vraiment, et ses limites.
Le principe
Vous investissez par exemple 500 € le 5 de chaque mois dans un fonds actions. Quand le marché baisse, ces 500 € achètent plus de parts ; quand il monte, moins. Votre prix de revient moyen se lisse, et vous n'avez pas à décider du moment d'entrée.
Que disent les études ?
Vanguard a comparé, en 2012, l'investissement d'un capital en une fois et son étalement sur 12 mois, sur les marchés américain (1926-2011), britannique et australien, pour un portefeuille à 60 % actions et 40 % obligations. L'investissement en une fois a fait mieux dans environ 67 % des cas, avec un écart moyen de l'ordre de 2 % sur 10 ans. Une nouvelle étude de 2023, étendue à d'autres marchés dont l'Europe, compare un investissement en une fois à un étalement sur 3 mois : l'investissement en une fois gagne encore environ deux fois sur trois (68 % pour un portefeuille 60/40).
| Source | Comparaison | Résultat |
|---|---|---|
| Vanguard (2012) | Investissement en une fois contre étalement sur 12 mois, portefeuille 60/40 | L'investissement en une fois fait mieux dans environ 67 % des cas |
| Vanguard (2023) | Investissement en une fois contre étalement sur 3 mois, marchés dont l'Europe | Environ 68 % des cas pour un portefeuille 60/40 |
| IEIF (2024) | Actions françaises dividendes réinvestis, 1983 à 2023 | 12,4 % par an en moyenne, avant frais |
| IEIF (2024) | Actions françaises dividendes réinvestis, 1993 à 2023 | 7,7 % par an en moyenne |
La raison est simple : sur longue période, les marchés montent plus souvent qu'ils ne baissent. Étaler, c'est garder plus longtemps une partie de son argent hors du marché.
Pourquoi le DCA reste-t-il utile ?
- Pour épargner sur ses revenus : c'est la seule méthode possible, et la plus disciplinée. Le versement programmé fait de l'épargne un réflexe.
- Pour limiter le regret : investir un gros capital juste avant une chute est difficile à vivre, et pousse souvent à tout vendre au mauvais moment. L'étalement réduit ce risque.
- Pour se lancer : quand la peur d'une baisse empêche d'investir, un DCA sur 6 à 12 mois vaut mieux que de laisser l'argent sur un compte courant.
Ses limites
- Il ne supprime pas le risque : sur un marché qui baisse longtemps, chaque versement perd aussi de la valeur.
- Des frais par versement peuvent réduire son intérêt : vérifiez-les.
- L'argent qui attend doit être placé sans risque pendant l'étalement, sur un fonds euros ou un support monétaire.
Le mettre en place en France
- Assurance vie : versements programmés mensuels, et souvent une option d'« investissement progressif » qui transfère chaque mois une somme du fonds euros vers les unités de compte.
- PEA : versements réguliers jusqu'à 150 000 €, gains exonérés d'impôt sur le revenu après 5 ans, hors prélèvements sociaux.
- PER : versements programmés déductibles du revenu imposable, dans vos plafonds.
- SCPI : certaines acceptent des versements programmés, avec des frais d'entrée sur chaque versement.
Sur 40 ans, les actions ont été le placement le plus rémunérateur, avec de fortes variations : l'IEIF a mesuré, pour les actions françaises dividendes réinvestis, 12,4 % par an en moyenne de 1983 à 2023, avant frais, mais 7,7 % sur 1993-2023, où l'immobilier a fait mieux. Le résultat dépend fortement de la période choisie.
Les placements en unités de compte, actions et SCPI présentent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article ne constitue pas un conseil personnalisé : toute décision suppose l'examen préalable de votre situation.
Sources : Vanguard, Cost averaging: invest now or temporarily hold your cash? (2023) ; Vanguard, Dollar-cost averaging just means taking risk later (2012) ; BOFiP, plafonds du PEA ; IEIF, rentabilité comparée des placements (2024) ; AMF, espace épargnants.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le DCA ?+
Le dollar cost averaging consiste à investir un montant fixe à intervalles réguliers, quel que soit le niveau des marchés, pour lisser son prix d'achat.
Le DCA est-il plus rentable qu'un investissement en une fois ?+
En moyenne, non : selon Vanguard, investir en une fois a fait mieux environ deux fois sur trois. Le DCA réduit en revanche le risque d'entrer au pire moment et le regret qui va avec.
Sur quelle durée étaler un capital ?+
Le plus souvent entre 6 et 12 mois. Au-delà, l'argent reste trop longtemps hors du marché.
Comment faire du DCA en France ?+
Par versements programmés en assurance vie, PEA, PER ou SCPI, ou avec l'option d'investissement progressif proposée par de nombreux contrats d'assurance vie.