Le plan d'épargne retraite (PER) permet de déduire ses versements du revenu imposable : jusqu'à 37 680 € en 2026 pour un salarié (plancher 4 710 €) et jusqu'à 88 911 € pour un travailleur non salarié, plus les plafonds non utilisés des trois années précédentes. L'épargne est bloquée jusqu'à la retraite, hors six cas de déblocage anticipé. À la sortie, le capital issu des versements déduits est imposé au barème et les gains au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Depuis 2026, les versements après 70 ans ne sont plus déductibles et le report des plafonds passe à cinq ans, pour les seuls plafonds constitués à partir de 2026.
Créé par la loi PACTE en 2019, le plan d'épargne retraite a remplacé le PERP, le contrat Madelin, le PERCO et les contrats « article 83 ». Il concentre aujourd'hui l'essentiel de l'épargne retraite nouvelle. Ce guide fait le point sur ses règles en 2026 : versements, déduction, blocage, sortie et transferts.
Qu'est-ce que le PER ?
Il existe trois PER : le PER individuel, ouvert à tous ; le PER d'entreprise collectif, alimenté par l'épargne salariale et l'abondement de l'employeur ; le PER d'entreprise obligatoire, réservé à certaines catégories de salariés. Chaque plan comporte trois compartiments étanches, selon l'origine des sommes : versements volontaires, épargne salariale, versements obligatoires. La fiscalité de sortie dépend du compartiment.
Le PER individuel peut être souscrit auprès d'un assureur (PER assurance, avec un fonds euros garanti et des unités de compte) ou d'un gestionnaire d'actifs (PER compte-titres). Par défaut, la gestion est pilotée : la part des actifs risqués diminue à l'approche de la retraite. La gestion libre reste possible.
Combien peut-on déduire en 2026 ?
Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans un plafond calculé sur les revenus de l'année précédente. Le plafond disponible figure sur l'avis d'impôt, rubrique « plafond épargne retraite ».
| Situation | Plafond de déduction pour les versements de 2026 |
|---|---|
| Salarié, retraité, sans activité | 10 % des revenus professionnels de 2025, dans la limite de 37 680 € ; plancher de 4 710 € |
| Travailleur non salarié (BIC, BNC, gérant majoritaire) | 10 % du bénéfice limité à 8 PASS, plus 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS : jusqu'à 88 911 € |
| Couple marié ou pacsé | Plafonds mutualisables sur option, en cochant la case prévue sur la déclaration |
| Plafonds non utilisés | Reportables trois ans pour les plafonds antérieurs à 2026, cinq ans pour ceux constitués à partir de 2026 |
L'allongement du report à cinq ans, décidé par la loi de finances pour 2026, ne produira ses premiers effets concrets que sur les versements de 2030. Autre nouveauté : les versements effectués après 70 ans restent possibles, mais ne sont plus déductibles. Enfin, la déduction est une option : y renoncer allège l'imposition de la sortie, ce qui peut avoir un sens pour un contribuable faiblement imposé. Le calcul de l'économie d'impôt selon la tranche est détaillé dans notre article PER et réduction d'impôt.
Quand peut-on débloquer le PER avant la retraite ?
L'épargne est en principe bloquée jusqu'à la liquidation de la retraite ou l'âge légal. Le Code monétaire et financier prévoit six cas de déblocage anticipé :
- le décès du conjoint ou du partenaire de PACS ;
- l'invalidité du titulaire, de son conjoint ou partenaire, ou de ses enfants ;
- le surendettement ;
- l'expiration des droits à l'assurance chômage ;
- la liquidation judiciaire ou la cessation d'une activité non salariée ;
- l'acquisition de la résidence principale, sauf pour les sommes issues de versements obligatoires.
Dans les cinq premiers cas, le capital est exonéré d'impôt sur le revenu ; seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. Pour la résidence principale, la fiscalité est celle d'une sortie en capital ordinaire.
Capital ou rente : quelle fiscalité à la sortie ?
À la retraite, les versements volontaires et l'épargne salariale peuvent être récupérés en capital, en une ou plusieurs fois, en rente viagère ou en combinant les deux. Les versements obligatoires sortent obligatoirement en rente.
| Sommes | Sortie en capital | Sortie en rente |
|---|---|---|
| Versements déduits | Barème de l'impôt sur le revenu, sans abattement de 10 % | Barème, après abattement de 10 % plafonné à 4 439 € ; prélèvements sociaux de 18,6 % sur la fraction imposable de la rente (40 % entre 60 et 69 ans) |
| Gains sur versements déduits | Prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) | Compris dans la rente |
| Versements non déduits | Exonérés ; gains au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % | Régime des rentes à titre onéreux : fraction imposable selon l'âge |
La déduction à l'entrée est donc un report d'imposition. Le PER est gagnant quand la tranche d'imposition à la retraite est inférieure à celle des années de versement, ce qui est le cas le plus fréquent.
Transferts et anciens contrats
Un PERP, un contrat Madelin, un PERCO ou un « article 83 » peuvent être transférés vers un PER, ce dernier seulement après le départ de l'entreprise. Le transfert entre PER est libre ; les frais sont plafonnés à 1 % de l'épargne et nuls après cinq ans de détention. Transférer permet de regrouper des contrats anciens, souvent chargés en frais, sans perdre l'antériorité fiscale des sommes.
Le PER se combine avec l'assurance vie, qui n'offre pas d'avantage à l'entrée mais reste disponible à tout moment et bénéficie d'une fiscalité propre en cas de décès. Dans une préparation de la retraite, les deux enveloppes se complètent plus qu'elles ne se concurrencent.
Cet article est une information générale : il ne constitue pas un conseil personnalisé. Tout placement autre que les livrets réglementés comporte un risque de perte en capital ; la garantie du fonds euros est celle de l'assureur, dans les conditions du contrat, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Toute décision suppose l'examen préalable de votre situation.
Sources : service-public.fr, plan d'épargne retraite ; articles 163 quatervicies et 158 du Code général des impôts, articles L224-1 à L224-40 du Code monétaire et financier (Légifrance) ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026.
Questions fréquentes
Quel est le plafond de déduction du PER en 2026 ?+
Pour un salarié, 10 % des revenus professionnels de 2025, dans la limite de 37 680 €, avec un plancher de 4 710 €. Un travailleur non salarié peut déduire jusqu'à 88 911 €. Le montant exact figure sur l'avis d'impôt.
Peut-on récupérer son PER avant la retraite ?+
Seulement dans six cas : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité, surendettement, fin des droits au chômage, liquidation judiciaire ou cessation d'activité non salariée, et achat de la résidence principale, sauf pour les sommes issues de versements obligatoires.
Comment est imposée la sortie en capital ?+
La part correspondant aux versements déduits est ajoutée au revenu imposable, sans abattement de 10 %. Les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, dont 18,6 % de prélèvements sociaux.
Peut-on encore déduire ses versements après 70 ans ?+
Non. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans restent possibles mais ne sont plus déductibles du revenu imposable.