Personne n'est concerné : l'impôt sur la fortune improductive, voté en première lecture à l'Assemblée nationale le 31 octobre 2025, a été écarté du texte définitif. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) maintient l'IFI à l'identique. Deux mesures voisines sont en revanche bien entrées en vigueur : une taxe de 20 % sur certains biens de luxe logés dans des holdings patrimoniales, et une hausse de la CSG sur une partie des revenus du capital.
Article mis à jour le 29 septembre 2026. Sa première version, rédigée pendant les débats parlementaires, présentait la réforme de l'IFI comme acquise. Elle ne l'a jamais été.
Une réforme votée, puis abandonnée
À l'automne 2025, les députés ont adopté en première lecture un amendement transformant l'impôt sur la fortune immobilière en « impôt sur la fortune improductive ». L'idée était d'élargir l'assiette au-delà de l'immobilier, à des actifs jugés improductifs pour l'économie.
Cette mesure n'a pas survécu à la suite du parcours parlementaire. Le texte finalement adopté par le recours au 49.3, puis promulgué le 19 février 2026, ne la contient pas. Beaucoup d'articles publiés entre octobre 2025 et janvier 2026 la présentent encore comme acquise : ils sont dépassés.
L'IFI reste inchangé en 2026
Les règles de l'IFI sont les mêmes qu'en 2025 :
| Paramètre | Règle |
|---|---|
| Seuil | Patrimoine immobilier net taxable supérieur à 1,3 million d'euros au 1er janvier |
| Barème | De 0,5 % (à partir de 800 000 €) à 1,5 % (au-delà de 10 millions d'euros) |
| Décote | Entre 1,3 et 1,4 million d'euros |
| Résidence principale | Abattement de 30 % |
- seuil d'imposition : patrimoine immobilier net taxable supérieur à 1,3 million d'euros au 1er janvier ;
- barème progressif de 0,5 % (à partir de 800 000 €) à 1,5 % (au-delà de 10 millions d'euros), avec une décote entre 1,3 et 1,4 million d'euros ;
- abattement de 30 % sur la valeur de la résidence principale.
Si vous étiez redevable de l'IFI en 2025, vous l'êtes dans les mêmes conditions en 2026. Si vous ne l'étiez pas, rien ne vous y fait entrer.
Qu'est-ce qui s'applique vraiment ?
La taxe sur les holdings patrimoniales (article 235 ter C du Code général des impôts) frappe à 20 % une liste fermée de biens somptuaires détenus par une société soumise à l'impôt sur les sociétés : logements réservés à la jouissance des associés, yachts, avions, véhicules de tourisme, chevaux de course ou de concours, vins et alcools, bijoux et métaux précieux, droits de chasse et de pêche. Trois conditions sont cumulatives : des actifs d'au moins 5 millions d'euros, plus de la moitié des produits issus de revenus passifs, et un contrôle par une personne physique et sa famille. La trésorerie, les placements financiers et les œuvres d'art sont exclus. La taxe s'applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026.
La hausse de la CSG sur les revenus du capital porte les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières ou les revenus de location meublée non professionnelle. L'assurance vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et l'épargne logement restent à 17,2 %.
Qui doit agir, concrètement ?
Les détenteurs de holdings patrimoniales qui logent un bien de la liste, notamment une résidence mise à disposition d'un associé, ont intérêt à faire le point avant la clôture de l'exercice 2026. Les contribuables à l'IFI n'ont rien de nouveau à anticiper. Les épargnants exposés aux revenus du capital peuvent réexaminer la répartition entre compte-titres, PEA et assurance vie, cette dernière échappant à la hausse.
Sources : loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 ; article 235 ter C du Code général des impôts ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 12 ; service-public.gouv.fr, calcul de l'IFI.
Cet article est une information générale : il ne constitue pas un conseil personnalisé. Les placements évoqués comportent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Questions fréquentes
L'impôt sur la fortune improductive existe-t-il en 2026 ?+
Non. Voté en première lecture à l'Assemblée nationale le 31 octobre 2025, il a été écarté du texte définitif. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) maintient l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) sans changement.
Le seuil de l'IFI a-t-il changé en 2026 ?+
Non. L'IFI concerne toujours les foyers dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d'euros au 1er janvier. Le barème progressif va de 0,5 % à 1,5 % et la résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 %.
La taxe sur les holdings vise-t-elle mes placements financiers ?+
Non. La taxe de 20 % créée par la loi de finances 2026 ne vise qu'une liste fermée de biens somptuaires détenus par une holding patrimoniale : logements réservés aux associés, yachts, avions, véhicules de tourisme, chevaux de course, vins et alcools, bijoux et métaux précieux, droits de chasse et de pêche. La trésorerie, les placements financiers et les œuvres d'art en sont exclus.
Comment savoir si ma holding est concernée ?+
Trois conditions cumulatives sont à vérifier : des actifs d'au moins 5 millions d'euros, plus de la moitié des produits issus de revenus passifs, et un contrôle par une personne physique et sa famille. La taxe s'applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026 : il reste quelques mois pour réorganiser. Prenez rendez-vous pour un point sur votre situation.